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HEIKH ABDOU RAHMANE LO : LE GRAND MAÎTRE 1853-1944

mercredi 19 juillet 2017, par administrateur

Par Same BOUSSO
Abdou Rahmane

Nous venons, ici, vous proposer un aperçu de la vie d’une grande figure du mouridisme, un des fidèles compagnons de Cheikh Ahmadou Bamba : il s’agit du grand maître Serigne N’Dame Abdou Rahmane LO. Cet homme faisait partie, en effet, de cette génération qui reçut du Cheikh lui-même une éducation pratique, une formation mystique ainsi que les fondements essentiels de sa nouvelle voie : le Mouridisme.
Sa naissance et son éducation :

Né à Méoundou (dans l’actuel département de Tivaouane) au cours du mois de Rabî al awwal 1271 de l’Hégire (vers 1853-1854) de Serigne Mouhammad LO et de Sokhna Mariama SECK, Serigne N’Dame grandit au sein de cette grande famille réputée depuis fort longtemps pour l’érudition, la piété et la noblesse de ses membres.

Lorsqu’il atteignit l’âge de scolarité, il fut confié à Serigne Massata DIAKHATE chez qui il apprit et mémorisa, en peu de temps, le saint Coran puis le transcrivit, selon la coutume, avant de se rendre ensuite à la célèbre université de Pire pour y perfectionner ses connaissances du Livre et entamer l’étude des sciences islamiques. Ces études achevées, il se dirigea vers Nguick auprès du grand érudit Serigne Mor Madieng Falo. Il y effectua des études approfondies en grammaire et en jurisprudence islamique. Il acheva, en fin, ses voyages d’apprentissage à Pathar à l’école de l’illustre érudit Serigne Momar Anta Saly père de Cheikh Ahmadou Bamba.

Ses relations avec le Cheikh :

C’est dans cette école très célébre que Serigne N’Dame vivait avec Cheikh Ahmadou Bamba qui y dispensait des cours sous la supervision de son éminent père. Serigne N’Dame lui apporta une collaboration précieuse et déterminante dans ses tâches. Il n’hésita même pas à apprendre et enseigner ensuite les ouvrages que le Cheikh composait à l’époque.

A la disparition de Serigne Momar Anta Saly, la gestion de l’école revenait au Cheikh. Décidé, plus tard, à faire une tournée au Sénégal et en Mauritanie, le nouveau maître confia à Serigne N’Dame la charge d’assurer son intérim, ce qui constitue une parfaite illustration de la confiance du Cheikh. Quelques mois après, Cheikh Ahmadou Bamba réunit tous ceux qui étaient à l’école et leur communiqua qu’une mission divine venait de lui être confiée qui consistait à revivifier et à restaurer la Sunna du Prophète ainsi qu’à réformer la Communauté musulmane. Cela rendit nécessaire l’adoption d’une nouvelle méthode d’éducation et de formation. Par conséquent, ceux qui avaient les mêmes ambitions que lui et qui voulaient rester devraient se soumettre entièrement à ses ordres et orientations.

Cheikh Abdou Rahmane LO fut parmi les premiers à faire la bay’ah (pacte d’allégeance). Bien qu’il eût pratiquement le même âge que le Cheikh, Serigne Ndame fit preuve d’un dévouement hors du commun et joua, ainsi un rôle déterminant dans la mission grandiose de Cheikh Ahmadou bamba.

Son rôle dans la mission du Cheikh :

En fait, la première promotion d’adeptes formés par le Cheikh lui-même, se sont, par la suite, chargés, chacun dans un domaine, de réaliser les projets éducatifs et sociaux de leur Cheikh. C’est ainsi que Serigne Ndame s’occupa d’un des plus importants domaines si ce n’est le plus important : l’enseignement du Coran. Nul n’ignore, en effet, la place prépondérante du Coran dans le jihâd du Cheikh. Il est la pierre angulaire de ses enseignements ,son arme efficace face aux ennemis de l’Islam et à Satan, comme il le dit dans nombreux de ses poèmes.

Par ailleurs, Cheikh Abdou Rahmane restait au côté du Cheikh durant tous ses déplacements de Mbacké Kajoor à Dâr al Alîm et al Habîr (actuel Ndame) où le Cheikh l’installa définitivement pour qu’il s’adonnât entièrement à l’enseignement. C’est précisément dans cette localité que la plupart des fils et des filles du Cheikh apprirent le Coran grâce au dévouement de leur maître. Ce dévouement qui lui valut une position privilégiée auprès du Cheikh.

Sa position auprès du Cheikh :

Confident et conseiller du Cheikh, Serigne Ndame bénéficiait auprès de celui-ci d’une absolue et immense confiance : le Cheikh lui confia l’instruction de ses frères cadets et, plus tard, de ses propres enfants avant de lui donner pour épouses successivement deux de ses filles : Sokhna Fatimtou puis Sokhna Mouslimatou. Cela prouve, s’il en est encore besoin, que Serigne Ndame, grâce à ses bonnes qualités jouissait d’une haute estime de la part de Cheikh Ahmadou Bamba et de sa famille.

Ses qualités et sa conduite :

Comme le dit cet adage « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dis qui tu es », le propre de l’homme est de se comporter à l’image de ses amis et compagnons. Il va de soi donc que Cheikh Abdou Rahmane LO, disciple et compagnon de première heure du Cheikh, était un homme exemplaire.

Ainsi, était-il très vertueux, respectueux d’une façon exceptionnelle des obligations religieuses et assidu dans le travail sans répit. Les futilités de ce bas monde n’ont jamais retenu son attention. Il était un homme de vérité et de courage, un dévot qui passait ses journées à jeûner et ses nuits à prier et à réciter les versets coraniques.

Sa disparition :

Lorsque Cheikh Abdou Rahmane LO fut d’un âge très avancé, ses propres fils et disciples, parfaitement préparés, prirent le relais. Sa mission fut alors poursuivie avec succès, grâce à

Dieu. Ainsi, Dâr al Alîm al Habîr resta un centre de rayonnement que Serigne Ndame continuait à superviser jusqu’à ce qu’il fût rappelé à Dieu au mois de Chaabane 1363 à l’hégire (1944). De nombreux poèmes furent composés pour faire son éloge et vanter ses mérites.

Que Dieu Le Tout-Puissant soit satisfait de lui et qu’Il guide les pas de ses successeurs. Amen !


Réalisé par
la Commission Culturelle de
l’Etablissement Islamique
AL-AZHAR

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