Site Officiel de la Grande Mosquée de la Ville Sainte de Touba !

Accueil > Les Grandes Figures > Serigne Mame Mor Diarra (Borom Sam) (1850-1921)

Serigne Mame Mor Diarra (Borom Sam) (1850-1921)

mercredi 19 juillet 2017, par administrateur

Par Same BOUSSO Abdou Rahman

Lorsque Cheikh Ahmadou Bamba a lancé son mouvement de réforme, sa voie soufie connue sous le nom de Mouridisme, des gens aux diverses appartenances (de ses proches, des familles royales, des milieux religieux et savants…) sont venus répondre à son appel. Toutes ces catégories, si diverses, ont reçu du Cheikh une éducation qui les a remarquablement façonnés. Ils ont pu, suite à cette éducation et avec la grâce divine, porter très loin le flambeau du Mouridisme et participer au rayonnement des enseignements de son fondateur.

Ce qui est le plus remarquable dans « l’appel » du Cheikh, contrairement à ce qui est de coutume dans l’histoire de la prédication islamique, c’est l’adhésion spontanée de ses proches, ses cousins, ses propres frères, parmi lesquels son dévoué frère Serigne Mor Diarra Mbacké, Borom Sam.

Sa naissance, son enfance et ses études :

Mame Borom Samb est né entre 1850 et 1851 au village de Mbacké Baol. Ce village est fondé environ en 1789 par son arrière grand-père Mame Maharam. Il est issu d’une famille religieuse réputée de piété et d’érudition. Sa mère par sa religiosité légendaire était surnommée Jâratu-l Lâh (voisine de Dieu). Quant à son père Mame Mor Anta Saly, il était l’un des savants les plus célèbres de son époque. Il dirigeait une grande école islamique connue et prisée par les étudiants qui affluaient vers elle de toutes les contrées du pays.

C’est au sein de cette famille que Mame Mor a grandi. A l’âge de scolarité, il a entamé la mémorisation du Saint Coran auprès de son père. Il a atteint son objectif en une courte durée en maîtrisant l’art de Tajwîd et de Rasm.Il a ensuite entrepris l’étude des sciences islamiques auprès de son oncle maternel l’éminent érudit Serigne Mboussobé Bousso.

Sa famille vivait à Mbacké jusqu’à l’époque où Maba Diakhou s’est lancé dans une guerre sainte contre les dynasties païennes du Cayor et de Djolof. Sa famille s’est mobilisée, comme était le cas de la plupart des familles religieuses, vers le Saloum afin de soutenir Maba dans son jihâd.

Après le décès de Maba, Mame Mor est rentré avec son père à Mbacké Baol et s’est installé, sur ordre de son père, aux environs du village avec quelques disciples dont il assurait déjà l’éducation et l’enseignement du Coran, après avoir acquis toutes les qualités d’éducateur.

Ses relations avec Cheikh Ahmad Bamba :

Jouissant d’une parfaite maîtrise du Coran et d’une large érudition en matière de sciences religieuses, Mame Mor a largement contribué à la formation de la première génération de disciples du Cheikh Ahmad Bamba au début du Mouridisme. Nombreux de ces grandes figures de la confrérie ont effectivement reçu son enseignement tels que Cheikh Ibra Faty (Mame Thierno), Cheikh Sidy Mokhtar (Cheikh Anta), Cheikh Massamba, Cheikh Mbacké Bousso, Cheikh Mouhammad Al Fadil (Serigne Fallou) et beaucoup d’autres.

Bien qu’il soit le grand frère du fondateur du Mouridisme et l’un des ouléma les plus respectés de l’époque, Mame Mor s’est soumis au Cheikh en faisant son pacte d’allégeance, comme tous les disciples, au guide spirituel conformément aux principes de la voie. Son initiation et son élévation spirituelle (tarqiya) se sont réalisées peu avant l’exil du Cheikh au Gabon.

Durant cet exil, il veillait nuit et jour sur la vie de la famille toute entière, gérait ses relations sociales et oeuvrait pour sa cohésion. Les correspondances qu’il échangeait avec le Cheikh durant cette période illustrent bien la confiance que le guide portait en son frère et disciple.

Le fait qu’il assumait toutes ses responsabilités à l’égard de la famille était reconnu par tous. L’un de ses petits frères en l’occurrence Serigne Cheikh Thioro disait de lui dans un superbe poème :

« Nous avons déjà perdu notre père ; mais nous l’avons oublié grâce à la générosité de Serigne Mor Diarra ».

Avec ces lourdes charges familiales, Mame Mor s’est toutefois distingué par son culte du travail. En effet, il a fondé plusieurs villages destinés à l’éducation des disciples aux pratiques cultuelles et au travail. Nombreux fidèles ont reçu leur éducation au sein de ses daara. Parmi ces villages on peut citer « Same » et « Misra », respectivement à l’Est et au Nord de la ville sainte de Touba.

Ses qualités et témoignages de ses contemporains :

Né dans un milieu pieux, ayant reçu une éducation religieuse depuis sa tendre enfance et enfin lié étroitement à son frère et guide spirituel, Serigne Mor Diarra était un homme vertueux, un fervent adorateur de Dieu. Il était l’un des chevaliers de la pratique cultuelle ; son wird, comme l’écrit Cheikh Mouhammad Bachir dans Minanu-l bâqi-l Qadîm, « était de prier cent rak’a toutes les nuits ». L’un des savants de la confrérie Serigne Ahmad Dème lui a consacré un beau poème dans lequel il dit :
« C’est le fils de Habîbu-l Lâh, l’ami de Dieu, son adorateur, qui anime ses nuits par ses prières sublimes ».

Au moment où la disette menaçait la communauté, il était inégalé dans sa générosité, étant le refuge de tous les nécessiteux. Ce qui lui avait valu ces éloges de Cheikh Mouhammad Moustapha Mbacké.

« Saveur des orphelins et des faibles aux moments critiques dans le but de satisfaire le Donateur [Dieu] ».
« Il a rassemblé toutes les gloires de l’adolescence à la vieillesse ».

Ces quelques témoignages suffisent pour illustrer ses qualités d’homme vertueux, pratiquant et généreux.

Son rappel à Dieu :

Serigne Mor Diarra a ainsi consacré toute sa vie à l’adoration de Dieu, au service de ses prochains et à l’éducation de ses disciples. Il est rappelé à Dieu au mois de Shawwâl (10è mois) 1339 de l’Hégire (1921).

De nombreux poèmes ont été écrits par d’éminents religieux et dignitaires pour vanter ses louanges ; ils manifestaient par ce geste leur estime et leur admiration pour ses services grandioses rendus en faveur de l’Islam et de la confrérie mouride. Cheikh Mouhammad al-Fâdil écrit dans son poème :

« Le décès de Serigne Mor Diarra est une énorme perte ».
« Il était dans les moments durs un pilier solide de douceur et de joie ».
« Il était fait pour affronter les graves crises latentes ou manifestes ».
« Où Mbacké puisse trouver, dans la détresse, un refuge, un abri sûr !!! »

Que Dieu Le Tout Puissant soit satisfait de lui et agrée les œuvres de ses successeurs ! Amene !


Réalisé par
la Commission Culturelle de
l’Etablissement Islamique
AL-AZHAR

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.