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SERIGNE MASSAMBA DIOP Sam (1852-1926)

mercredi 19 juillet 2017, par administrateur

Par Same Bousso Abdou Rahmane

Ce grand disciple de Cheikh Ahmadou Bamba, Serigne Massamba Diop Sam est l’un de ses compagnons ayant dès le début répondu à son appel et lui fait leur acte sincère d’allégeance. Ces fidèles compagnons se sont abreuvés aux sources pures de l’éducation du Cheikh ; ils ont ainsi atteint, dans leur parcours spirituel, les niveaux les plus élevés. Ils ont suivi le droit chemin tracé par leur guide en y orientant leurs prochains et en déployant des efforts considérables dans la propagation et la perpétuation de ses enseignements. Leur vie très riche mérite donc de faire l’objet de profondes méditations. Nous nous proposons de donner dans les lignes qui suivent un aperçu de la vie de Cheikh Massamba Diop.

Sa naissance et ses études :

Cheikh Massamba est né vers 1852 dans un village du Cayor. Son père Serigne Maïssa Diop repose à Thill, un village situé auprès de Darou Fanay (dans la région de Louga). Il a entamé ses études auprès de son père, avant de fréquenter un éminent érudit nommé Cheikh Mor Bator Sarr au village de Sam.

Cet homme très réputé pour sa piété et ses connaissances était un ami de son père et entretenait aussi d’étroites relations d’amitié avec Mame Mor Anta Saly (père de Cheikh Ahmadou Bamba). Celui-ci venait régulièrement à Sam pour rendre visite à son ami. Cheikh Massamba suivait ses études des sciences religieuses au village de Palène qui était tout près du village de Serigne Mor Betou. Il s’y rendait fréquemment afin d’approfondir ses études. Il se distinguait à l’époque par son amour de la science religieuse et son désir immodéré de savoir toujours davantage.

Sa rencontre avec Cheikh Ahmadou Bamba :

Un jour, Serigne Mam Mor Anta Sally était venu rendre visite à son ami à Sam. Il était accompagné de son fils Cheikh Ahmadou Bamba, alors absorbé par les sciences religieuses et littéraires et engagé dans la voie soufie. Lors de cette visite, Cheikh Ahmadou Bamba a vu un homme, en l’occurrence Serigne Massamba, assis sous l’ombre d’un arbre, en train de lire et de méditer. Le Cheikh s’est approché de lui et lui a demandé de jeter un coup d’œil sur son livre. Durant cette courte discussion, il lui a gratifié de quelques explications qui l’ont totalement ébloui.
Après cette rencontre historique, Serigne Massamba, habité par l’image de ce Cheikh aux connaissances hors du commun, s’était aussitôt mis à sa recherche pour rester avec lui, comme si son intuition lui avait indiqué que ses vœux sur le plan spirituel ne pouvaient se réaliser sans le recours à ce maître.

Sa recherche l’a ainsi amené à Pataar où le père du Cheikh s’était installé avec sa famille et ses disciples. En ce moment, le Cheikh secondait son père dans l’enseignement. C’est donc auprès de lui que Serigne Massamba poursuivit ses études en dépit de la désapprobation de sa famille qui le considérait déjà assez savant pour ne plus suivre un maître. Cette rencontre se situe bien avant la naissance du mouridisme ; ce qui atteste de la solidité des liens entre ce disciple de première heure et son guide.

Ses relations avec le Cheikh et son rôle dans sa mission réformatrice :

Au moment où, à Mbacké Kadior, Cheikh Ahmadou Bamba a lancé son appel historique pour une réforme radicale dans la société fondée sur une éducation spirituelle rigoureuse et strictement conforme à la tradition du Prophète (PSL), Serigne Massamba était présent. Il a été parmi les premiers à répondre à cet appel et à se conformer à ses exigences. Il a suivi le Cheikh dans cette voie en recevant son éducation : il exécutait à la lettre ses instructions, effectuait avec dévouement toutes les tâches qu’on lui confiait. L’éducation du Cheikh se basait sur la bonne conduite, le repentir, l’invocation permanente des noms divins, le respect scrupuleux des pratiques cultuelles ainsi que le travail et un renoncement total aux futilités de ce bas-monde.

Devenu un homme de Dieu, un mystique consommé, Serigne Massamba a reçu l’ordre du Cheikh de fonder son propre village auprès de Sam nommé Darou Sam. C’est là où il s’est retiré avec quelques disciples afin de leur transmettre l’enseignement de son maître. Il les éduquait au travail et leur inculquait l’éthique religieuse. Il veillait sur leur assiduité dans les pratiques cultuelles, purifiait leur âme de toutes les mauvaises qualités : l’orgueil, la vanité, l’avarice, etc.
Darou Sam a connu une grande affluence de fidèles venant de toutes les contrées. A côté de ces charges d’éducation et de formation, Serigne Massamba continuait à servir son Cheikh autrement, en lui envoyant toutes ses récoltes.

Un grand poète Cheikh Ibrahima Diop Al Machary, a décrit, dans un beau poème les caravanes qui faisaient la navette entre Darou Sam et Diourbel la résidence du Cheikh pour transporter ses « hadaya ».

La solidité et la profondeur des rapports entre le Cheikh et son disciple sont illustrés dans les correspondances qu’ils échangeaient. Dans une lettre que le Cheikh lui avait adressée, on peut lire : « Massamba, sachez que je ne vous ai pas accompagné dans cette voie que pour votre bonheur dans les deux mondes (…) ».

Les qualités de Serigne Massamba :

Un jour, le Cheikh demanda à Serigne Massamba son meilleur vœu, il lui répondit : « être avant tout un homme raisonné » et le Cheikh lui fit une prière dans ce sens. Cela explique l’une de ses qualités les plus remarquées : son intelligence et sa sagesse légendaire.

Serigne Massamba se distinguait aussi par sa générosité, son amour du prochain, son culte de travail, son souci pour le sort des musulmans en général et de ses disciples en particulier. Il avait l’habitude d’aider ceux-ci après leur éducation, à obtenir un logement décent et un travail lucratif. Il prenait en charge les frais de leur mariage.

Son rappel à Dieu :

Le village de Darou Sam était devenu, au fil des ans, un endroit très fréquenté. Les fidèles ne cessaient de se succéder nuit et jour afin de rendre visite à Cheikh Massamba. Des années durant, il aidait les nécessiteux, soulageait les douleurs et gratifiait ses visiteurs de sa sagesse inépuisable.

Au crépuscule de la vie de Serigne Massamba, en 1926,Cheikh Ahmadou Bamba donna l’ordre à plusieurs de ses éminents disciples de se rendre à Darou Sam, peu avant son rappel à Dieu, afin de l’accompagner à sa dernière demeure. C’est Cheikh Faty qui a dirigé la prière mortuaire.

Que Dieu soit satisfait de lui !

Amène !


Réalisé par
la Commission Culturelle de
l’Etablissement Islamique
AL-AZHAR

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