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Cheikh Ibra Faty MBACKE (Mame Thierno) Le bras droit de Cheikhoul Khadim 1863-1943 - Grande Mosquée de Touba.
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Cheikh Ibra Faty MBACKE (Mame Thierno) Le bras droit de Cheikhoul Khadim 1863-1943

mercredi 19 juillet 2017, par administrateur

Par Serigne Khdim Ahmad LO

Il est l’un des dirigeants hors pair formés à l’école du serviteur du Prophète –Paix et Salut sur lui- qui se sont détachés de tout ce qui est en dehors de Dieu et qui sont devenus des guides pour les musulmans sur le plan spirituel et temporel. Cheikh Ibra Faty s’est abreuvé, en effet, à la source de Cheikh Ahmadou Bamba et assura lui-même la formation d’ouléma dévoués qui ont illuminé les horizons.

Sa naissance :
Fils de Serigne Momar Anta Saly et de Sokhna Fatimatou DIOP, Cheikh Ibra Faty naquit en 1863 à Diabacounda dans l’ancienne province du Sine Saloum.

Sa formation :
C’est Cheikh Ahmadou Bamba qui apprit le Coran et les différentes sciences islamiques à son frère Ibra Faty. Ce dernier est devenu, ainsi, un océan de savoir. Il suffit de citer quelques-uns qui ont reçu sa formation pour donner une idée du degré de son d’érudition : Serigne Modou Moustapha, Serigne Fallou, Serigne Moukhtar Bineta LO, Serigne Mahmoudane Kosso et tant d’autres.

Il était un érudit célèbre par son respect pour la charia et pour la haqiqa, en conformité avec l’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba qui dit :
« Parmi elles [les conditions du tasawwuf], l’érudition en charia et en haqiqa, aussi bien pour les novices que pour les expérimentés.
Car s’engager dans l’expérience mystique et / ou prendre en charge l’éducation d’autres à l’absence de cette condition conduit vers l’égarement et les malheurs ».

Ses fortes relations avec le cheikh :
Dès son bas âge, les relations de Cheikh Ibra Faty avec Cheikh Ahmadou Bamba se sont consolidées. Avant même qu’il n’ait commencé à marcher, son frère aîné Cheikh Ahmadou Bamba s’isolait avec lui dans les champs pour l’initier à la vie spirituelle. Et le soin porté par Cheikh Ahmadou Bamba à son frère cadet demeurait, en s’accentuant, à la mort de leur père.

Il était le bras droit du cheikh comme l’était Aron pour Moïse. C’est à lui que le cheikh confia la famille et les affaires à son départ pour l’exil au Gabon. C’est ainsi, à en croire Serigne Mouhammadou Lamine DIOP Dagana, auteur de Irwâ an- nadîm que les grands disciples du cheikh se regroupèrent autour de lui, qu’il entretint les enfants du cheikh jusqu’à ce qu’ils mémorisent le Coran à un temps record et que rien ne fut négligé. Grâce à ces bonnes relations, l’influence du cheikh sur Mame Thierno dans tous les domaines fut grande et profonde.

Darou Mousty, citadelle de travail et d’éducation :
Etant donnee que le cheikh fonda sa voie sur le savoir, la pratique religieuse et le travail, il ordonna à Mame Thierno, en 1912, de de creer le village de Dâr al- Mu’tî (cite du Bienfaiteur) pour inculquer à ses adeptes les valeurs du savoir, de la pratique religieuse et du travail. Dieu, exalté soit-IL, nous exhorte à accomplir les bonnes actions : « (Je jure) Par le Temps (que) l’homme est, certes, en perdition ; sauf ceux qui croient en Dieu, accomplissent les bonnes œuvres et se recommandent mutuellement la vérité et l’endurance ». Les bonnes actions ayant plusieurs facettes dont travailler pour vivre du licite. Dans ce domaine, Cheikh Ahmadou Bamba s’adresse à ses adeptes en ces termes : « O mon peuple, appliquez-vous dans l’obéissance à Dieu en acquérant le savoir et en accomplissant les bonnes actions ».

Ainsi, Cheikh Ibra Faty fonda-t-il Dâr al- Mu’tî pour l’éducation et le travail dans le respect des principes de la charia, tout en cherchant, dans la mesure du possible, la perfection par le biais de la haqîqa. Il n’a jamais accepté qu’un adepte franchisse la porte de la mosquée sans avoir fait ses ablutions. Il ordonnait à ses adeptes, selon Serigne Pathé SALL cité par Serigne Bassirou fils de Mame Thierno, de cesser toute action à l’heure de la prière, à l’instar de Cheikh Ahmadou Bamba qui ordonnait à défaire tout ce qui aurait été fait à l’heure d’une prière ou à le donner en aumône. Ce qu’on pourrait qualifier de tawhîd pratique.

Son ascétisme :
Cheikh Ibra Faty était un exemple d’ascétisme, d’orthodoxie et de droiture d’une manière « indescriptible », pour reprendre l’expression de Serigne Mouhammad Lamine DIOP dans Irwâ an- nadîm. Ce qui n’est pas surprenant de la part de quelqu’un éduqué par Cheikh Ahmadou Bamba.

Sa détermination, son audace et sa sagesse :
Cheikh Ibrahima était un exemple de détermination, d’audace et de sagesse. Lorsqu’il fut convoqué à Saint-Louis par le Gouverneur du Sénégal, Cheikh Ahmadou Bamba choisit Mame Thierno comme émissaire. Grâce à ses qualités, celui-ci réussit à persuader les autorités coloniales de renoncer à l’envoi d’un détachement armé pour amener le cheikh par la force. On n’aurait pas tort si on comparait le rôle de Mame Thierno à celui de Seydina Aliou dans les préparations de l’hégire du Prophète –Paix et Salut sur lui- vers Médine.

Son attachement pour Cheikh Ahmadou Bamba :
Cheikh Ibra Faty nourrissait un grand amour pour Cheikh Ahmadou Bamba. LA mission que nous venons de citer étant, parmi d’autres, une preuve formelle de cet amour qui est la première caractéristique du disciple sincère (al- murîd as- sâdiq)
« Sincérité dans son amour pour son maître et l’exécution immédiate de ses ordres »
Et Cheikh Ahmadou Bamba d’ajouter : « La clé de l’amour du disciple pour son maître et vice-versa se trouve dans l’application par le disciple des ordres du maître et son abstinence de ses interdits et sa confiance en lui sans réticence aucune. Quant au verrou de tout cela, c’est la persistance dans le péché, le laxisme en ce qui concerne les bonnes actions, l’amour pour les pécheurs, la désobéissance, la méfiance envers son maître ». Ces enseignements ont été appliqués à la lettre par Cheikh Ibra Faty, ce qui le fit atteindre le degré suprême dans son attachement pour son maître Cheikh Ahmadou Bamba.

Sa position auprès de Cheikh Ahmadou Bamba :
De nombreuses correspondances adressées par Cheikh Ahmadou Bamba à Cheikh Ibra Faty montrent la position si importante que ce dernier occupait auprès du cheikh, ce qui fit de lui son bras droit. On peut lire dans l’une de ces correspondances : « Ibrahim, qui ne s’est séparé de moi, ni à son enfance ni à son âge adulte » et dans une autre : « Ibrahim, qui ne m’a jamais désobéi ». Une troisième parle de Cheikh Ibra Faty comme étant un vrai musulman et un disciple sincère (murîd sâdiq) qui ne cherche que la satisfaction de son maître et qui a obtenu l’Agrément de Dieu. « Dès que tu verras cette lettre, sois certain que son auteur est satisfait de toi, d’une satisfaction qui ne sera jamais succédée de mécontentement, et qu’il prie Dieu de t’accorder ce dont tous tes pairs t’envieront. Sois donc rassuré, et ne doute point du fait que cela te provient de Dieu par l’intermédiaire de l’auteur de cette lettre. Et Dieu est témoin de ce que nous disons ». Un musulman et un disciple sincère demanderait-il plus que l’Agrément de Dieu et la satisfaction de son maître ?

Sa disparition :
Cheikh Ibra Faty fut rappelé à Dieu jeudi 24 du 8e mois du calendrier musulman (baraxlu) 1362 de l’Hégire (26 août 1943 de l’ère chrétienne). Son fils aîné, Serigne Modou Awa Balla lui succéda en suivant son exemple. Il accorda une attention particulière au village de Darou Mousty. Il réalisa son approvisionnement en eau potable, acheva la construction de sa mosquée et poursuivit l’œuvre de son père dans l’éducation et la conservation du patrimoine mouride. En 1985 , Serigne Abdoul Khoudoss succéda à son frère. Cet érudit, ce dévot, ce pratiquant orthodoxe de la Sunna poursuit l’œuvre de son père et de son frère. Grâce à lui, Darou Mousty, qui était naguère un désert, connut son extension fulgurante et son développement. Serigne Cheikh Khady Mbacke lui succéda en 2002.Que Dieu agrée l’œuvre des prédécesseurs et guide les pas des successeurs ! Amen !

P.-S.

Réalisé par
la Commission Culturelle de
l’Etablissement Islamique
AL-AZHAR

 

 
 
 
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